Louison Sentenero

Louison Sentenero est jeune surfeur de 27 ans parti à l’aventure. Il fait du surf en Islande et chasse les vagues les plus sauvages de cette île glaciale.

À propos de Louison Sentenero

Interview

Wildsuits : Salut Louison, peux-tu te présenter rapidement ?

Moi c’est Louison Sentenero, aka “A Waterman Story” sur Instagram. J’ai 27 ans, je suis français d’origine basque par ma mère. J’y tiens ! Je vis désormais en Islande et je me définirais comme un surfeur en eau froide. Mais aussi un snowboardeur, un skateur, un alpiniste, un grimpeur… Bref, de la montagne à l’océan, je touche à tout.

Louison Sentenero : Qu’est-ce qui t’as poussé à partir vivre en Islande ?

L’aventure ! Ici, il n’y a pas deux semaines pareilles. La vie est rythmée par la météo, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle est capricieuse… En hiver, les journées sont courtes, on voit très peu la lumière et les tempêtes peuvent durer des semaines entières. On est complètement dépendants des conditions. Je vis dans un petit village de pêcheurs des fjords de l’Ouest, où je travaille comme charpentier et pêcheurs. Ce ne sont pas des métiers faciles, surtout quand il fait -10 degrés et que le blizzard est de la partie, mais j’ai la chance de pouvoir partir dès que les conditions sont bonnes. Je charge mon van, le Black Pearl, et je pars sur les routes, sans trop savoir pour combien de temps. Je surfe, je fais du snowboard, je grimpe… C’est ça, la liberté.

Peux-tu nous parler de la scène surf islandaise ?

Ici, les possibilités de surf sont infinies, et la plupart des vagues n’ont jamais été surfées. Sur toute l’île, on doit être une trentaine à surfer toute l’année, répartis sur des milliers de kilomètres de côte. Je m’entends très bien avec les locaux, mais j’ai mis du temps à faire ma place parmi eux. J’ai dû leur prouver que je n’étais pas juste de passage, que j’étais motivé ! Personne ne donne ses spots alors quand, par chance, j’en ai rencontré quelques-uns au milieu de nulle part, ils ont halluciné de voir que j’avais trouvé cette vague hyper reculée par moi-même. Forcément, ça forge des liens.

Louison Sentenero surfant une vague glacée en Islande

Tu affrontes des conditions parmi les plus difficiles au monde… Comment cela se passe ?

Surfer en eau froide ne s’improvise pas. Affronter une eau entre 2 et 4 degrés en hiver, des températures extérieures de -10 degrés et des blizzards super violents qui te glacent le sang et gèlent l’eau salée sur ton visage et ta combi… ce n’est pas pour tout le monde ! La préparation physique est super importante. Notre corps consomme énormément d’énergie pour se réchauffer. Il faut donc bien manger et être en forme. C’est vital, pour tenir le coup. Je travaille beaucoup la résistance au froid grâce à des exercices de respiration, en alternant entre des chocs thermiques intenses mais courts, de 0 à 3 degrés, et des temps d’exposition plus longs dans de l’eau à 7/12 degrés. Le but est d’imiter les conditions de surf, de répliquer l’effet “flush” quand tu tombes, qu’une vague te roule sous l’eau et que, par malchance, ta combi se remplit d’eau glacée… Le physique est important, mais c’est aussi le mental qui fait la différence. Il faut apprendre à se relaxer malgré le choc, à se détendre par des respirations lentes et profondes. Je fais pas mal d’exercices d’apnée pour ça. Au-delà du surf, mes sorties en snowboard ou en alpinisme m’aident aussi à me renforcer.

Qu’est-ce qui te plaît tant ici ?

Ici, surfer se mérite. Tout prend un aspect d’aventure. Quand tu pars, tu ne sais pas ce que tu vas trouver sur place. C’est un peu comme revenir aux racines même du surf, en un sens. Il faut vraiment le vouloir, être prêt à tout affronter. J’aime ça. Et puis, les paysages sont à couper le souffle. Les montagnes se jettent directement dans la mer, c’est dingue. On se sent minuscule, au milieu de la “vraie nature”. Cet endroit n’est pas fait pour l’Homme ! D’ailleurs, je me retrouve plus souvent avec des animaux sauvages que d’autres surfeurs au line-up. Entre baleines, orques, phoques, requins, dauphins… c’est un des environnements les plus riches en vie marine de la planète. La plupart de ces créatures sont très curieuses et territoriales. Je dois leur faire comprendre que je ne suis pas un danger pour eux, mais aussi que je ne suis pas un jouet ou une proie, et qu’il ne faut pas qu’ils s’approchent trop près de moi. Ça passe par le langage corporel et la voix. Je surfe parfois avec un couteau de plongée au mollet pour pouvoir couper mon leash ou me défendre, en tout dernier recours, au cas où les choses tournaient mal. J’ai déjà eu peur par le passé, notamment quand un phoque a essayé de me couler… Mais j’ai surtout vécu de très belles rencontres, jusque-là. C’est ça, l’Islande !

Qu’attends-tu de Wildsuits ?

Rester au chaud ! Il m’est arrivé de surfer avec la 5/4 par -10 degrés avec une eau à 4 degrés, et j’ai vraiment été bluffé. On travaille désormais sur un prototype de combinaison 6/5, plus adapté à l’hiver islandais. J’en suis vraiment ravi car c’est important pour moi de surfer avec une marque éthique qui œuvre pour la protection de l’environnement. Le surf est malheureusement une industrie très polluante aujourd’hui, mais on peut imaginer un futur plus propre, tous ensemble.

Merci à Louison Sentenero d’avoir rejoint la Wildsuits Family et de pousser nos combinaisons de surf à l’extrême !